Les problèmes liés à la discrimination

Metro de Toronto (le 21 mars 2005) Auteure : Sarah Hayward : Aujourd'hui, le 21 mars, nous célébrons la Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale. Dans les milieux de travail, un murmure se fait entendre : il semble que le Canada, qui se targue d'être une mosaïque culturelle, ne soit pas à la hauteur de ses prétentions.

Selon Statistique Canada, 64 % des membres de minorités visibles ont déclaré, en 2004, avoir senti ou subi de la discrimination au sein de leur milieu de travail.

Le fait de créer des politiques, des programmes et des pratiques en faveur de la diversité au sein des entreprises peut aider à corriger la situation, affirme Marcia Buchholz, directrice du programme MieuxVivre de Ceridian Canada et spécialiste en solutions de gestion des ressources humaines.

Les entreprises canadiennes doivent s’ouvrir davantage à la diversité culturelle et à être à l’image des populations qu’elles servent. Sinon, elles risquent de se laisser devancer par leurs concurrents sur le marché mondial.

Selon le ministère des Finances de l'Ontario, en 2001, 36,8 % de la population torontoise était composée de membres des minorités visibles; un nombre susceptible de croître si les tendances passées en matière d'immigration et de naissance se maintiennent.

Les entreprises doivent être le reflet de la composition de leur marché, et ce, dans tous leurs aspects. Lors du processus d'embauche, explique Mme Buchholz, il est essentiel que l'équipe de décideurs soit composée de membres de différentes origines ethniques. De plus, selon elle, les nouveaux employés doivent participer à des programmes de formation au sujet de la diversité et connaître les politiques afférentes.

Mme Buchholz ajoute qu'une fois le processus d’embauche axé davantage sur la diversité, les efforts ne s'arrêtent pas là; il est très important que les entreprises continuent de mettre l'accent sur le concept d'intégration.

Elle suggère de créer une journée de la diversité dont le but principal ne consiste pas à promouvoir les différences raciales ou ethniques, mais à célébrer en apprenant quelles sont les origines des autres employés, leurs mets typiques, etc. Elle affirme que dans son entreprise, c'est une journée très attendue par tout le personnel.

En ce qui a trait aux autres célébrations, une politique relative aux fêtes religieuses doit être mise en place afin d'éviter que les employés ne se sentent obligés de se déclarer malades pour s’absenter.

Lorsqu'il est question de signaler des cas de discrimination en milieu de travail, les travailleurs ont souvent peur de formuler une plainte parce qu'ils ne disposent pas de preuves concrètes et qu'ils craignent des retombées fâcheuses, ajoute Mme Buchholz. Il est donc très important de conserver l'anonymat des employés qui déposent des plaintes relatives à des cas de discrimination raciale.

En fin de compte, Mme Buchholz croit que ce sont les directeurs de première ligne qui détiennent la clé de la diversité. Ce sont eux qui doivent promouvoir la diversité au sein de leur milieu de travail et s'assurer que l'entreprise le fait également. Il est primordial que tous les employés bénéficient de chances égales et aient l'occasion d'être promus à un poste supérieur au sein de leur entreprise, estime-t-elle.

À mesure que des travailleurs plus jeunes et plus ouverts à la diversité occuperont des postes de direction, les cas de discrimination raciale pourraient diminuer dans les milieux de travail, explique Mme Buchholz. Elle conclut sur une note d'avertissement : « Il est humain de craindre ce que nous ne connaissons pas. »